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29 June 2017
L'exécutif UMP de Marne et Chantereine, représenté par son président Jean-Pierre Noyelles et Brice Rabaste, a eu fort à faire face à l'opposition des socialistes  Jean-Luc Pilard et Emeric Bréhier.
L'exécutif UMP de Marne et Chantereine, représenté par son président Jean-Pierre Noyelles et Brice Rabaste, a eu fort à faire face à l'opposition des socialistes Jean-Luc Pilard et Emeric Bréhier.

Le départ de Chelles jette un froid sur Marne et Chantereine

Il a fallu attendre les toutes dernières minutes du conseil communautaire, hier soir, pour voir enfin abordé le sujet qui brûle toutes les lèvres, en ce moment, de Chelles à Brou et de Vaires à Courtry : la mort annoncée de Marne et Chantereine. La loi MAPTAM, qui réforme les collectivités territoriales, impose à celles-ci de se regrouper, avant le 1er janvier 2016, en bassins de vie de 200 000 habitants minimum. Deux alternatives se présentaient, dès lors, à la communauté d’agglomération (70 000 habitants) : s’unir à d’autres territoires ou disparaître.

Le choix de la municipalité de Chelles, la semaine dernière, de rejoindre la métropole du Grand Paris, scellait, de fait, le sort de Marne et Chantereine. Car si Courtry était aussi autorisée à s’associer au géant parisien, Vaires et Brou n’en avaient pas la possibilité. Hier, le tabou a été brisé au moment où l’on s’y attendait le moins. Alors qu’il évoquait la vente de plusieurs terrains appartenant à la communauté d’agglomération, le président UMP Jean-Pierre Noyelles a été pris à partie par Jean-Luc Pilard, voyant dans ces cessions la preuve tangible du « début du démantèlement de Marne et Chantereine ».

L’ancien maire de Courtry s’emporte

« Il est inacceptable qu’aucun point concernant la décision de Chelles n’ait été mis à l’ordre du jour », s’est emporté l’ancien maire (PS) de Courtry, dont il considère qu’elle « fait fi de dix années de travail en commun » qui ont permis « de nombreuses réalisations, comme la médiathèque intercommunale ou l’école de musique ». Prêchant pour sa paroisse, Jean-Luc Pilard a aussi déploré que la décision de Brice Rabaste « mette en difficulté Courtry et la condamne à choisir entre Roissy et le Grand Paris ».

Emeric Bréhier (PS) a également critiqué le silence de l’exécutif sur le sujet, estimant que « ce débat avait toute sa place ce soir ». « Il aurait été bienvenu d’en parler avant de dépecer Marne et Chantereine et de disperser une famille », s’est emporté le député. « Il était possible de trouver des solutions qui tiennent compte des envies des uns et des autres, au-delà de tout affrontement politicien. Des passerelles auraient pu émerger, qui en auraient surpris plus d’un », a-t-il martelé.

Brice Rabaste assume sa décision

Directement visé, le maire UMP de Chelles, qui vice-préside la communauté d’agglomération, s’est défendu en indiquant que « ce n’est pas Chelles qui supprime Marne et Chantereine mais Marne et Chantereine qui est supprimée par la loi ». Il a maintenu, comme il l’avait fait la semaine dernière, que s’il avait eu le choix, il aurait « maintenu Chelles dans la communauté d’agglomération » mais que, en l’état, la métropole du Grand Paris restait « le meilleur choix ». « Chelles doit continuer à avancer ».

Pudique, le président de Marne et Chantereine, a affirmé devant les élus communautaires « respecter la décision du conseil municipal de Chelles » tout en se refusant « à d’autres commentaires ». Xavier Vanderbise, le maire (UMP) de Courtry, s’est calqué sur la déclaration du maire de Vaires, mais pas au point d’embrasser le même destin : ce soir, il dira non à la métropole du Grand Paris. « Parlons d’une séparation en bons termes », nous a-t-il confié. Moins compréhensif, Antonio de Carvalho, le maire (Parti radical) de Brou-sur-Chantereine, a trouvé « dommage de jeter Marne et Chantereine en pâtures, sans avoir eu la moindre discussion ». « Brice Rabaste nous a mis devant le fait accompli », a-t-il regretté.