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26 June 2017
Le projet proposé par le préfet de Région, et adopté par la CRCI, propose d'intégrer Chelles à une intercommunalité rassemblant douze communes, de Chelles à Pontault-Combault.
Le projet proposé par le préfet de Région, et adopté par la CRCI, propose d'intégrer Chelles à une intercommunalité rassemblant douze communes, de Chelles à Pontault-Combault.

L’avenir de Chelles devrait bien s’inscrire en Seine-et-Marne

Retour au bercail pour Chelles ? Alors que la perspective de voir la ville rejoindre la métropole du Grand Paris s’amenuise de jour en jour, au grand dam du maire (UMP) Brice Rabaste, farouche partisan de ce projet, le travail mené en parallèle par le préfet de Région pour intégrer Chelles à un groupement de communes exclusivement seine-et-marnais n’a jamais semblé aussi proche d’aboutir, à quelques mois de la mise en application de la réforme territoriale.

Début mars, Jean Daubigny a ainsi présenté aux membres de la commission régionale de coopération intercommunale (CRCI), qui réunit environ 80 représentants d’élus franciliens, la dernière version de son projet de refonte territoriale de la grande couronne. Et s’il incluait Chelles au départ au sein d’un immense territoire de 344 000 habitants, rassemblant pas moins de cinq intercommunalités, le représentant de l’Etat a revu sa copie, sensible sans doute aux remarques des élus locaux, très critiques pour la plupart à l’égard du « gigantisme » du projet.

Comment Emeric Bréhier a imposé ses vues

C’est donc une intercommunalité beaucoup moins imposante qui a désormais les faveurs de la CRCI. Exit le Val d’Europe, ainsi que Marne-et-Gondoire : la nouvelle intercommunalité se contente de rassembler les douze communes qui composent aujourd’hui Marne-et-Chantereine, le Val-Maubuée et la Brie Francilienne, soit un bassin de vie d’environ 220 000 habitants. Coïncidence ? C’était là l’option privilégiée par les élus socialistes de Chelles, celle là même qu’ils avaient soumis au conseil municipal, lorsque celui-ci s’était prononcé majoritairement, le 4 novembre dernier, en faveur de l’intégration à la métropole.

Interrogé sur la question, Emeric Bréhier, le député (PS) de la circonscription, ne s’en cache même pas : il faisait bien partie des signataires du contre-amendement porté par le PS à l’Assemblée Nationale, qui a fait supprimer une proposition votée par le Sénat, permettant à Chelles d’intégrer la métropole. « Pas parce que je suis l’opposant de Brice Rabaste, mais seulement parce que son projet ne va pas dans le sens de l’intérêt des Chellois », se justifie le parlementaire.

Le retour de Chelles ferait des heureux

En attendant, chez nos voisins, on se réjouit assez ouvertement de la probable intégration de Chelles au sein de la nouvelle intercommunalité. « Avoir la deuxième ville de Seine-et-Marne à ses côtés, cela change la donne », convient Jean-Claude Gandrille, président (UMP) de la Bire Francilienne. Même son de cloche au Val-Maubuée, dont le président (PS) Paul Miguel souligne les similitudes, en termes structurels, entre sa communauté d’agglomération et Marne et Chantereine. « Ce sera autant de temps de gagner pour développer le territoire », se réjouit-il.

Il y a un autre gagnant dans l’opération : ce sont nos voisins de Courtry. Avec le départ annoncé de Chelles pour la métropole, la ville se serait retrouvée coupée des autres communes de la nouvelle intercommunalité. Or, pour l’intégrer, les conditions sont claires : la continuité territoriale ne doit pas être rompue. S’il aboutit, le retour de Chelles permettra à Courtry de faire de nouveau acte de candidature. Fin février, Xavier Vanderbise, le maire (UMP) de Courtry, a annoncé la « bonne nouvelle » à son conseil municipal.

Le maire n’a pas dit son dernier mot

Reste que pour Brice Rabaste, qui a quasiment fait une croix sur la métropole, le projet actuel du préfet n’est pas jugé « souhaitable ». Le maire maintient la position qu’il a tenu il y a plusieurs mois : à ses yeux, un développement nord-sud n’est « pas cohérent » et ne concorde pas avec le bassin de vie, le réseau de transport et notamment le futur Métro Grand Paris. « Même la Marne s’y oppose ! » sourit-il. Selon nos informations, l’édile verrait d’un oeil meilleur un rapprochement avec Marne-et-Gondoire et Lagny, par exemple.

Mais ce projet a-t-il une chance d’aboutir ? S’il assure « qu’une majorité d’élus locaux ne sont pas acquis « au projet d’interco à trois », Brice Rabaste sait qu’il aura bien du mal à convaincre le préfet de Région de chambouler ses plans. Ces derniers jours, il aurait demandé à Jean-Jacques Barbaux, le nouveau président (UMP) du conseil départemental, de peser de tout son poids pour faire pencher la balance de son côté. Pas gagné.