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25 November 2017
numatic

L’ancien patron jugé pour avoir détourné deux millions d’euros

Loïc F., 53 ans, a-t-il vécu sur le dos de Numatic France, cette filiale d’une entreprise internationale, installée à la Tuilerie, dont il a été le directeur général entre 1994 et 2009 ? C’est tout l’objet des débats qui ont eu lieu, lundi, devant le tribunal correctionnel de Meaux. Débats qui ont été féroces entre la défense, qui a martelé que son client ne s’était rendu coupable d’aucun détournement et a logiquement plaidé la relaxe, et l’avocat de Numatic International, qui a réclamé deux millions d’euros à l’ancien dirigeant.

Une ex-salariée jugée au côté du directeur

Les griefs retenus à l’encontre de Loïc P. ont en effet de quoi donner le vertige : matériel détourné, les nuits d’hôtel, les fausses factures, les frais médicaux, les sociétés écran et les frais injustifiés, la liste des forfaits se serait étalée sur à peu près deux ans, selon la partie civile qui a, à ce titre, dénoncé un véritable « pillage ». Une barque un peu trop chargée, aux yeux de son avocate, qui a dénoncé « une instruction à charge, trop longue car passée dans les mains de trois juges », dans des propos repris par Le Parisien.

Au côté de l’ancien patron, comparaissait une autre prévenue, en la personne de Barbara P., 44 ans. La direction de l’entreprise, qui fabrique du matériel de nettoyage industriel, lui reproche d’avoir utilisé une carte bancaire de l’entreprise à des fins personnelles et lui réclame aujourd’hui plus de 100 000 €. Réponse de son avocat : sa cliente a reçu la carte bancaire des mains de son patron et a été autorisée à s’en servir.

Le parquet requiert trois ans de prison

Pour la substitut du procureur, Alice Dubernet, les deux prévenus ont bel et bien confondu leur « patrimoine personnel et celui mis à la disposition par une entreprise dans l’intérêt de l’entreprise ». Elle a requis trois ans de prison, dont un ferme, contre Loïc F., et deux ans de prison avec sursis contre Barbara P, assortis d’une interdiction de gérer pour les deux personnes.

L’avocate de Loïc F. s’est étonnée au cours de l’audience que d’autres salariés de Numatic France soient passés entre les gouttes : « Pourquoi ne sont-ils pas devant le tribunal ? Cette histoire, c’est pour cacher les malversations du PDG, en Angleterre ». Une affaire complexe, qui a incité le tribunal placer l’affaire en délibéré. Verdict le 18 mai.