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23 August 2017
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Grand Paris : Chelles monopolise les débats au Sénat

Le cas de Chelles, susceptible de rejoindre la métropole du Grand Paris, malgré une délibération tardive du conseil municipal qui la mettait a priori hors jeu, questionne et divise beaucoup les parlementaires.

En décembre dernier, le Sénat, majoritairement à droite, avait voté en première lecture un amendement permettant l’intégration de Chelles, à la faveur d’un report de la date-limite d’adhésion. Deux mois plus tard, Olivier Dussopt, le rapporteur (PS) de la loi à l’Assemblée nationale, n’avait pas jugé bon de le conserver en commission des lois.

Le « positionnement contradictoire » du maire de Chelles

Hier, en deuxième lecture, les sénateurs étaient invités à se prononcer sur l’opportunité d’apporter un nouvel amendement à la loi. Ce texte, défendu notamment par Roger Karoutchi (LR, ex-UMP), sénateur des Hauts-de-Seine, et Michel Houël, sénateur-maire de Crécy-la-Chapelle, visait à permettre à Chelles, ainsi qu’à huit autres communes de grande couronne, de rejoindre in fine la future métropole.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le cas de Chelles a quasiment monopolisé les débats. Vincent Eblé (PS) a été le premier à sortir du bois en dénonçant « le positionnement contradictoire » de Brice Rabaste. Rappelons que le maire de Chelles, favorable depuis toujours à l’entrée de Chelles dans la métropole, s’est joint aux autres conseillers départementaux pour s’opposer au « démantèlement de la Seine-et-Marne ».

Les sénateurs LR (ex-UMP) au secours de Brice Rabaste

« Chelles est l’une des deux communes les plus peuplées du département. L’en retirer c’est affaiblir celui-ci et rendre impossible la construction d’une frontalité face à la métropole du Grand Paris », a regretté l’ancien président du conseil général. Mais en face, les sénateurs LR ont fait bloc, faisant valoir le droit des communes à être maîtresses de leur destin. « Le maire de Chelles, élu en mars, a eu trois jours pour se prononcer », a rappelé Philippe Dallier, sénateur de Seine-Saint-Denis.

Réplique de Nicole Bricq, la sénatrice (PS) de Seine-et-Marne : « La vérité, c’est que vous voulez faire un petit arrangement entre amis de droite de Seine-Saint-Denis et de Seine-et-Marne ». Adopté à la majorité, l’amendement doit désormais être examiné, avec le restant de la loi, par l’Assemblée nationale. Résistera-t-il à l’examen des députés ?