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26 June 2017
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L’agglo dit non à la « super-interco » du préfet de Région

Avec la tentative avortée de rattacher Chelles à la métropole du Grand Paris, on croyait le dossier de la réforme territoriale définitivement clos. Le projet « par défaut » du préfet de Région, proposant d’inclure Chelles au sein d’une super-intercommunalité exclusivement seine-et-marnaise, formant l’unique alternative, on pensait que les élus majoritaires s’y résigneraient, bon gré mal gré.

Il semble pourtant que ces derniers soient déterminés à faire de la résistance. Hier soir, Jean-Pierre Noyelles, le président (LR) de la communauté d’agglomération, a fait voter un « avis défavorable » au projet adopté en mars dernier et à l’unanimité par la Commission régionale de coopération intercommunale (CRCI). Vote qui a cependant donné lieu à quelques échanges de vues musclés.

« Pas en capacité de fusionner en quatre mois »

Le maire de Vaires-sur-Marne a avant tout dénoncé le caractère « précipité » de la réforme, sachant que la loi MAPTAM impose que la carte soit définitivement arrêtée au 1er janvier 2016. « Nous ne sommes pas en capacité, en quatre mois de temps, de fusionner trois communautés d’agglomération avec des compétences si différentes », a-t-il expliqué, déplorant « le manque de concertation et de respect pour les élus locaux élus au suffrage universel ».

Un argument saisi au vol par Emeric Bréhier, le député estimant que la majorité avait « largement » eu le temps de se retourner depuis le vote de la loi. « Cela fait des mois que nous réclamons un débat au sein de cette assemblée », a tempêté le député PS, regrettant que la majorité n’ait jamais proposé « le moindre projet alternatif ».

Passe d’armes en Rabaste (LR) et Bréhier (PS)

« On ne peut pas définir un projet dans un tel climat d’incertitudes et d’impréparation », lui a répondu à son tour Brice Rabaste, qui a tout de même glissé qu’il lui semblait plus judicieux de constituer une intercommunalité en lien avec Lagny, le long de la Marne. « Si on doit construire une agglomération, cela ne peut pas se faire autour d’une autoroute », a ainsi estimé le maire (LR) de Chelles, gêné aux entournures par l’échec de son projet de rattachement à la métropole du Grand Paris. « Savoir se retirer en bon ordre : je vois que vous savez le faire », a ironisé le député.

La motion de Marne et Chantereine, adoptée à la majorité, fait cependant simple figure d’avis. Ces prochains jours, les conseils municipaux de Chelles, Brou, Vaires et Courtry seront amenés à se prononcer, comme l’ensemble des communes du Val Maubuée et de la Brie Francilienne, dans un délai d’un mois. Une majorité sera désignée dès lors qu’elle représentera la moitié de la population des trois communautés d’agglomération. Le résultat sera transmis à la CRCI.

Les communes vont désormais se prononcer

Sauf énorme surprise, toutes les communes de Marne et Chantereine, majoritairement à droite, se prononceront contre. Mais à l’échelle de la « super-interco », le rapport de force semble plutôt favorable à la gauche, maintenant que la réélection de Monique Delessard (PS) à la tête de Pontault-Combault a été entérinée. Le sujet semble cependant dépasser les clivages politiques. « On ne peut pas marier trois intercommunalités qui ne désirent pas vivre ensemble », estime même Brice Rabaste.