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14 December 2017
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Enfant blessé par balle : la mère condamnée, pas le père

Le procès, programmé initialement en avril, avait été reporté à juillet pour permettre de mener une expertise psychiatrique sur les deux prévenus. Lundi, Fayçal, 26 ans, et son ex-compagne, âgée de 27 ans, comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Meaux afin de déterminer comment leur enfant de deux ans avait pu être blessé par balle, un dimanche de mars, dans un appartement de Chelles.

Jugé pour violence avec arme sur son fils, Fayçal a maintenu tout au long de l’audience la version livrée aux enquêteurs : un malfaiteur l’aurait agressé, à 5h30, alors qu’il entrait dans l’appartement de la jeune femme. Les deux hommes se seraient battus, puis l’inconnu encagoulé aurait tiré deux coups de feu, dont l’un serait venu se loger dans le bras de l’enfant. « Je dois une forte somme d’argent », a expliqué Fayçal, en référence à son passé de trafiquant de drogue.

Les prévenus ont maintenu leur version

Une version confirmée par la mère, jugée pour privation de soins compromettant la santé d’un mineur. « Il y a une bagarre. Les enfants sont endormis et vous allez avec eux, dans le salon, au coeur de la bagarre, pour les protéger ! », s’est exclamée, perplexe, Béatrice Kayser, la substitute du procureur, dans des propos repris par nos confrères du Parisien. Réponse laconique de la prévenue : « C’était sous le coup de la panique ».

La justice reprochait à celle-ci d’avoir d’avoir menti à l’hôpital de Montfermeil, où elle avait conduit son fils blessé, expliquant qu’il s’était « coupé avec du verre ». Alors qu’un médecin avait jugé nécessaire de faire une radio du bras, la jeune femme était repartie sans pratiquer l’examen. « Il m’avait dit que c’était une blessure superficielle. C’est au médecin de savoir, c’est son travail. Je ne suis pas restée car je savais bien qu’on ne trouverait pas de verre dans le bras ».

La balle n’a pas pu être tiré avec un pistolet

Le lendemain soir, voyant que la blessure empirait, la mère avait emmené son fils à l’hôpital Necker, à Paris. Une radio avait permis de découvrir qu’une balle avait traversé l’humérus. Autre point important du procès : l’arme utilisée pour blesser l’enfant. A l’audience, les deux prévenus ont maintenu que l’inconnu avait tiré avec un pistolet. Deux expertises balistiques ont pourtant montré que la balle, de calibre 45, provenait d’une carabine.

« Ils tentent de semer le doute. Des voisins ont entendu le prévenu insulter l’enfant et sa mère. Il a tiré délibérément sur le petit, qu’il pensait ne pas être son fils et il a regretté juste après », a souligné la substitute du procureur, qui a requis six ans de prison, avec mandat de dépôt, contre Fayçal, et dix-huit mois avec sursis, contre son ex-compagne.

Les réquisitions du parquet n’ont pas été suivies

L’avocate de celle-ci a plaidé la relaxe, indiquant que sa cliente était « confondue de malheurs ». « Elle n’a pas eu l’intention volontaire de soustraire son enfant à des soins. Elle a fait au mieux, vu le contexte ». L’avocat de Fayçal a quant à lui insisté sur le fait que « personne ne peut affirmer ce qui s’est passé avec une totale certitude », critiquant l’enquête de voisinage, réalisée plusieurs jours après le drame.

Un discours jugé convaincant par les juges qui, au terme d’un long délibéré, ont relaxé le prévenu « au bénéfice du doute ». La mère, en revanche, a été condamnée à trois mois de prison avec sursis. Le parquet a annoncé sa volonté de faire appel de la décision.

 

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