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23 August 2017
Jean-Jacques Barbaux, président (LR) du conseil départemental.
Jean-Jacques Barbaux, président (LR) du conseil départemental.

Chelles n’intègrera pas la « Marne-la-Vallée géante »

A quel territoire appartiendra Chelles le 1er janvier prochain, lorsque toutes les communes de deuxième couronne concernées par la loi MAPTAM seront rattachées à une agglomération de plus de 200 000 habitants ? Après l’échec de son intégration à la métropole du Grand Paris, Chelles voit un nouveau projet de territoire quitter la course. Ce projet, c’est celui que le préfet de Région avait proposé, lors des toutes premières discussions. Son idée première était de créer une « méga-intercommunalité » de 344 000 habitants autour de Marne-la-Vallée. Les élus locaux, y compris à Chelles, s’y étaient aussitôt opposés.

L’unanimisme était tel chez les politiques du département que Vincent Eblé, alors président (PS) du conseil général et Jean-Jacques Barbaux, leader de l’opposition républicaine, s’étaient associés autour d’un amendement favorable à ce que Val d’Europe et Marne et Gondoire conservent leur autonomie. Amendement adopté très vite à l’unanimité par les membres de la Commission régionale de coopération intercommunale (CRCI). Chelles, quant à elle, était maintenue au sein d’une intercommunalité de taille plus modeste, intégrant les communes de Marne et Chantereine, celles du Val Maubuée et celles de la Brie Francilienne, pour un total de 220 000 habitants.

Le revirement de J.-J. Barbaux…  et de Brice Rabaste
Quelque soit leur bord, les élus chellois ne sont guère enchantés par la perspective d'intégrer Chelles à la "super-interco" de 344 000 habitants (ici en violet) dont rêve le préfet de région. A gauche de la ligne rouge, les communes inscrites dans l'aire urbaine de Paris.

Le projet de « super-interco », tel que défendu à l’initial par le préfet de Région, prévoyait d’intégrer cinq intercommunalités au sein d’un grand ensemble de 344 000 habitants.

Mais hier, coup de poker. Lors d’une nouvelle réunion de la CRCI, le nouveau président du conseil départemental a déposé un amendement visant cette fois… à supprimer la dérogation déposée quelques mois plutôt. « Il faut créer des agglomérations fortes. Marne-la-Vallée doit faire la transition entre une super métropole de 7 millions d’habitants et la périphérie », a justifié l’élu, soutenu par l’ensemble de la majorité départementale et notamment Brice Rabaste, qui avait pourtant fait adopter en conseil municipal une délibération s’opposant au projet, en novembre 2014. Il faut dire que l’intercommunalité géante, si elle avait vu le jour, aurait assuré à la droite d’être élue dans un fanteuil, contrairement au projet de « petite interco », qui à l’heure actuelle penche très légèrement à gauche.

Pour aboutir, l’amendement devait recueillir les deux tiers des voix des membres seine-et-marnais de la commission ainsi que les deux tiers des voix de l’ensemble de la commission. Problème : le plaidoyer n’a pas du tout convaincu à gauche et, plus surprenant, pas beaucoup plus à droite. « Je constate que la droite a changé son fusil d’épaule, après avoir soutenu qu’il n’y avait pas de salut en dehors de la métropole du Grand Paris et qu’on ne pouvait pas bâtir une interco au-delà de la Marne », ironise le député Emeric Bréhier (PS). Dans un communiqué, Jean-Jacques Barbaux a dit « regrette[r] vivement » la décision des membres de la CRCI.