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14 December 2017
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Pas d’ébats au débat d’orientations budgétaires

Le débat d’orientation budgétaire constitue généralement le moment où les échanges de vue sont les plus passionnés entre une majorité et son opposition. Cette année, il n’en a rien été à Chelles, l’ancienne majorité socialiste ayant estimé qu’il n’était pas approprié de discuter du budget en conseil municipal, quatre jours après les attentats de Paris.

Ajouté à l’habituel mutisme des élus FN, le débat a évidemment tourné court, malgré les quelques saillies de Frank Mouly (FDG), le seul élu d’opposition à jouer son rôle, mardi dernier. Guillaume Segala, l’adjoint (LR) au maire en charge des finances, n’a eu plus qu’à dérouler son pré-budget, dont les Chellois ont de surcroît déjà pu avoir connaissance à travers une brochure distribuée dans les boîtes aux lettres et plusieurs réunions publiques.

De cette présentation, pas de grande surprise à relever, du reste, entre une chute des dotations de l’Etat, à hauteur de 1,4 million d’euros, « la mauvaise gestion de l’ancienne majorité » et notamment la gestion de la société d’aménagement M2CA qui aurait coûté selon l’élu 4 millions d’euros à la collectivité.

Les tarifs municipaux augmentent sensiblement

Pour « sortir de l’ornière », la municipalité propose donc de poursuivre sa politique de réduction des dépenses, notamment en termes de coût du personnel. La mesure la plus notable concerne la réorganisation du service Jeunesse, qui s’est notamment traduite par la fermeture de l’Atelier il y  a quelques jours. Plusieurs avantages, comme les repas gratuits ou les logements de fonction, vont également être réduits.

La mairie va augmenter sensiblement les tarifs municipaux. Tous, ou presque, augmentent, des tarifs d’inscription à l’école des sports, à ceux des accueils de loisirs, de l’inhumation au cimetière en passant par la restauration scolaire. A défaut enfin d’augmenter les taux des impôts locaux, la ville va aussi aligner la taxe sur les logements vacants (ni occupés ni loués depuis plus d’un an) sur la taxe d’habitation.

Au rayon des investissements, la ville se limitera à achever les travaux sur l’école Pasteur et à engager les montants nécessaires à la construction du nouveau groupe scolaire, place des Martyrs de Chateaubriant. L’autre grosse partie du budget sera consacrée à la poursuite du déploiement de la vidéosurveillance et à l’ouverture d’un centre de police municipal aux Coudreaux.

Une approche « uniquement comptable » pour F. Mouly (FDG)

Evidemment, cette présentation des choses n’a pas foncièrement plu Frank Mouly, l’élu communiste lui reprochant d’être « uniquement comptable » et de « ne pas proposer de projet pour la ville ». Il a aussi critiqué le « double jeu » de Brice Rabaste, qui affiche devant la mairie une banderole dénonçant la baisse des dotations de l’Etat tout en se félicitant que l’Etat fasse des économies.

Ce n’est qu’une semaine plus tard, en conférence de presse, que les élus du groupe « Unis pour Chelles » ont enfin pu dire tout ce qu’ils avaient sur le cœur. Pour l’ex 1re adjointe (PS) aux finances, les chiffres présentés par la municipalité sont « fantaisistes » et sa présentation « partisane ».

« Pour M. Rabaste, l’ancienne majorité est responsable de la situation financière de la ville. Pourtant, il vient d’écrire à Manuel Valls pour se plaindre de n’être pas être aussi bien soutenu par l’Etat que d’autres communes de même envergure. Chose que nous dénonçons depuis toujours », signale Isabelle Guilloteau.