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26 June 2017
police

Chappe : la salle de prières perquisitionnée

Alors que le ministère de l’Intérieur a annoncé hier la fermeture de trois mosquées, à Lyon, Gennevilliers (Hauts-de-Seine) et Lagny, nous apprenons que la salle de prières de la cité Chappe a fait l’objet d’une perquisition administrative diligentée par la préfecture de Seine-et-Marne, pour « prêches extrémistes dans une cave clandestine », dans le cadre de l’état d’urgence voté par le parlement. L’intervention, qui aurait nécessité l’emploi d’un grand nombre de policiers, daterait de mercredi dernier, et se serait déroulée entre 23 heures et 1 heure du matin.

Pas d’interpellation à l’issue de la perquisition

Selon les témoins, les policiers ont d’abord fait irruption dans l’appartement de l’ancien imam, situé à quelques mètres de là. Ses deux téléphones portables, ceux de ses proches ainsi que son ordinateur ont été confisqués et analysés le temps de la perquisition. Les policiers ont ensuite été conduits par l’imam jusqu’à la salle de prières, située dans la cave d’un immeuble de la rue du Dr Schweitzer.

La salle a été soigneusement fouillée. Une attention toute particulière a été portée sur les carnets de cotisations des fidèles. D’après nos informations, cette perquisition n’a pas donné lieu à d’interpellation. Elle intervenait alors que la justice devait se prononcer, trois jours plus tard, dans le cadre d’un contentieux qui oppose l’association Jeunesse et Citoyenneté, qui gère la salle de prières, et Marne et Chantereine Habitat.

La justice ne s’est pas prononcée sur la procédure d’expulsion

D’après le bailleur, propriétaire du local, celui-ci est occupé illicitement. Le président de l’association, Abderezzak Bensalem, affirme de son côté que la salle a été mise à disposition des fidèles il y a quinze ans par le bailleur lui-même et l’ancien maire, dans l’attente d’obtenir un véritable lieu de culte.

Sollicité en référé en mars dernier, le tribunal d’instance de Lagny s’était déclaré incompétent pour statuer en urgence. Invitée à se prononcer sur le fond, la juridiction a de nouveau renvoyé l’affaire, lundi, à la demande de Me Balducci-Guérin, l’avocate de l’association.