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26 June 2017
grève

Les agents communaux en grève ont manifesté devant la mairie

Pour un peu, on se serait cru devant la cour du château de Versailles, un jour d’octobre 1789. Difficile de ne pas faire le parallèle lorsque l’on découvre, ce matin, peu après 9 heures, une foule innombrable d’agents municipaux, amassés sur le parvis de la mairie, hélant directement le maire dont le bureau est situé quelques mètres en surplomb.

Le personnel communal s’était mobilisé à l’appel des syndicats CGT et CFDT pour protester contre la modification de leur régime indemnitaire. Ce changement, voulu par la mairie dans le cadre d’un plan de lutte contre l’absentéisme (73 agents seraient absents chaque jour à la mairie), consiste pour l’essentiel à opérer une retenue sur le salaire et sur le treizième mois, dès le sixième jour d’absence pour maladie ordinaire, longue maladie ou congé de longue durée.

Les grévistes ont investi l’hôtel de ville

Sur place, force est de constater que la mobilisation a brassé large. Policiers municipaux, gardiens, agents de l’Espace services, des ateliers en passant par la direction des ressources humaines, peu de services sont épargnés. Posté sous une bannière de la CGT, on découvre même… un militant républicain. Le chiffre de 500 grévistes et de 60 % de participation sont évoqués, pétition et signatures à l’appui. Le communiqué de la mairie aux habitants, annonçant quelques jours auparavant des fermetures dans les centres de loisirs et les crèches, semble après coup bien optimiste.

Rapidement, les premiers slogans fendent l’air, entrecoupés de huées. On entend même démarrer la Marseillaise. Après une première intervention des syndicalistes au mégaphone, les agents ne résistent pas à l’envie d’investir l’hôtel de ville, bardés de pancartes et au son de « Non à la punition collective ». Les grévistes veulent absolument rencontrer Brice Rabaste mais des policiers, postés sur les escaliers, les dissuadent de tout forcing.

Le maire n’était pas présent

Bientôt, la rumeur se répand que le maire a quitté la mairie, achevant de valider l’analogie louis-seizaine. Les agents veulent en avoir le coeur net. Le premier étage est maintenant accessible et les salariés, serrés comme des sardines, gravissent une à une les marches qui les mènent au bureau de Brice Rabaste. Son directeur de cabinet, Denis Outin, et le directeur général des services, Yannick Klein, affirment que le maire « n’était pas en mairie aujourd’hui » et proposent une première rencontre avec la délégation syndicale, autour de midi.

Une seconde rencontre est organisée en milieu d’après-midi. Colette Boissot, adjointe au maire en charge de l’administration générale, est venue garnir la table de négociations. La direction martèle sa volonté de faire aboutir son plan de lutte contre l’absentéisme. Les syndicalistes déplorent le communiqué de la mairie, qui « manipule les Chellois » et tente de faire passer « les agents communaux pour des fainéants ».

Une rencontre avec Brice Rabaste demain matin

Pour faire baisser la température, la direction propose de reporter la modification du régime indemnitaire à un prochain conseil municipal. Mais sur le fond, les syndicats n’en démordent pas et font de la présence du maire « un pré-requis à toute négociation ». Autour de 16 heures, un accord émerge autour d’un rendez-vous avec Brice Rabaste. Celui-ci doit se tenir en matinée, jeudi.