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17 October 2017
budget_2015

Le principe de réalité en toile de fond du budget 2016

La municipalité de Brice Rabaste (LR) entame-t-elle un lent retour à la réalité ? Celle d’une commune qui a toujours été faiblement dotée par l’Etat, et qui a toutes les peines du monde à offrir à ses habitants les services attendus par une commune de son envergure.

Toujours est-il qu’après avoir martelé pendant plus d’un an combien la gestion de sa devancière avait été déficiente et quasiment conduit la ville à la « mise sous tutelle », l’équipe en place a présenté hier soir un budget nettement plus sobre et consensuel. Il faut dire que la ville n’a pas réussi cette fois à accomplir de miracle : s’il faut noter une légère baisse des crédits alloués au fonctionnement (59,4 M€ contre 60 M€ l’an dernier), le gros des économies a été réalisé sur les investissements, en recul de 4 M€.

12 M€ qui se concentreront sur les priorités de l’actuelle municipalité : ouvrir un poste de police municipale aux Coudreaux, poursuivre l’installation de caméras de surveillance, équiper les écoles en tablettes numériques mais également améliorer leur sécurité, un mois après les attentats de Paris. Même Guillaume Segala (LR), adjoint au maire en charge des finances, s’est montré nettement moins mordant qu’à l’accoutumée, se contentant en guise de pique de rappeler que le sauvetage de la société d’économie mixte M2CA, qui représente encore « un manque à gagner de 2 millions d’euros », serait perceptible jusqu’à la fin du mandat et « peut-être au-delà ».

« On est loin de vos promesses initiales »

Pour le reste, l’élu a confirmé que l’équilibre budgétaire de la ville (71,5 M€ en 2016) et le maintien des taux d’impositions, dans un contexte de chute vertigineuse des dotations (- 1,4 M€ l’année prochaine), seraient garantis par la poursuite d’une politique d’abaissement de l’emprunt et par une recherche d’économies, notamment en charges de personnel. Visiblement ravie par ces annonces, l’ancienne 1re adjointe aux finances, Isabelle Guilloteau (PS), s’est félicitée que son successeur « applique des mesures déjà mises en œuvre lors de la précédente mandature ». « Nous sommes loin des 3, 4, voire 5 millions d’euros d’économies que vous promettiez à votre arrivée », a-t-elle ironisé, un brin revancharde.

Il est vrai que le courrier adressé à Manuel Valls l’été dernier, dans lequel le maire de Chelles demande au Premier ministre de réévaluer à la hausse la dotation allouée à sa commune, sonne comme un aveu de la part de l’équipe en place des difficultés structurelles de la ville à boucler ses budgets. Dans ces conditions, et sorti de ses recettes fiscales, difficile pour la ville de dégager des marges de manoeuvre.

Le groupe FN sort du bois

La critique la plus inattendue est finalement venue du groupe FN, qui avait décidé qu’il était temps de montrer, après un an et demi à voter toutes les délibérations de la majorité sans broncher, qu’il faisait bien partie de l’opposition.  « Il ne faudrait pas que les économies réalisées se fassent au détriment de la qualité de service », a prévenu Béatrice Troussard, en rappelant également qu’un « dialogue avec le personnel était préférable à une politique trop autoritaire ».

Un sujet saisi au vol par Frank Mouly (FDG), pour qui le maire « aurait dû rassurer les agents » au lieu de s’attaquer à leurs « acquis sociaux sous couvert de lutte contre l’absentéisme ». Pour Brice Rabaste, il n’y a pas lieu de dramatiser étant donné de « d’autres communes connaissent des mouvements sociaux » et qu’il n’y a « aucune volonté » de la part de la municipalité de « maltraiter le personnel ». Adopté à la majorité, le budget a recueilli les votes contre des groupes « Unis pour Chelles » et FDG. Le groupe FN s’est abstenu.